Pourquoi la posture change la qualité d’une pratique Reiki
Lorsque l’on parle de Reiki, on parle beaucoup des mains.
Où les placer ?
Combien de temps ?
Dans quel ordre ?
Quelles positions utiliser ?
Mais il existe quelque chose que l’on remarque beaucoup moins.
Le reste du corps.
Que font les pieds pendant que les mains sont posées ?
Comment est le bassin ?
Les épaules sont-elles relâchées ?
La colonne est-elle libre ?
La respiration circule-t-elle naturellement ?
Et surtout :
dans quelle posture le praticien est-il réellement présent ?
La posture peut sembler être un détail.
Elle n’en est pas un.
Elle constitue le terrain sur lequel toute la pratique va se dérouler.
Une posture n’est pas seulement une position
Lorsque nous entendons le mot « posture », nous pensons généralement à une position du corps.
Assis.
Debout.
Allongé.
Dos droit.
Épaules relâchées.
Mais dans une pratique comme le Reiki, la posture peut être comprise plus largement.
Elle concerne la manière dont nous habitons notre corps.
Nous pouvons être assis dans une position parfaitement correcte…
et être intérieurement tendus.
Nous pouvons avoir le dos droit…
mais retenir notre respiration.
Nous pouvons avoir les mains correctement placées…
tout en étant complètement absorbés par nos pensées.
La posture extérieure n’est donc qu’une partie de l’histoire.
Il existe aussi une posture intérieure.
Le corps parle avant les mains
Imaginez un praticien qui arrive auprès d’une personne avec les épaules hautes, une respiration courte et un corps projeté vers l’avant.
Puis imaginez le même praticien après quelques respirations.
Les pieds bien présents.
Le bassin stable.
Les épaules relâchées.
La respiration plus tranquille.
Les deux personnes sont pourtant les mêmes.
Mais quelque chose a changé.
Pas nécessairement quelque chose de spectaculaire.
Simplement une qualité différente de présence.
Le corps donne des informations avant même que la séance commence.
Et il peut également influencer notre propre expérience de la pratique.
Pourquoi sommes-nous souvent mal installés ?
Parce que nous voulons faire.
Nous nous rapprochons de la personne.
Nous nous penchons.
Nous avançons les épaules.
Nous tendons les bras.
Nous voulons atteindre correctement la zone où nous devons placer les mains.
Et, progressivement, nous quittons notre propre axe.
Le problème est rarement visible au début.
Mais après plusieurs minutes :
les épaules fatiguent,
le dos se contracte,
la respiration change,
les poignets travaillent,
le praticien commence à chercher une position plus confortable.
Et ce qui devait être une pratique de présence devient une pratique de compensation corporelle.
Une règle simple : ne pas sacrifier son propre corps
Il existe une règle que tout praticien devrait garder en tête :
La position de la personne reçue ne doit pas obliger le praticien à se mettre lui-même en difficulté.
Cela paraît évident.
Pourtant, dans la pratique, nous faisons souvent l’inverse.
Nous nous penchons davantage pour atteindre une zone.
Nous nous tordons légèrement.
Nous bloquons les épaules.
Nous restons dans une position inconfortable parce que « la séance doit continuer ».
Mais une pratique de qualité ne devrait pas nécessiter que le praticien lutte contre son propre corps.
Il faut parfois simplement…
bouger.
Changer sa position.
Approcher la chaise.
Déplacer ses pieds.
S’asseoir autrement.
Adapter la hauteur.
Une bonne posture n’est pas une posture figée.
C’est une posture qui peut s’ajuster.
Le bassin : la base du centre
Dans l’article précédent, nous avons parlé du Hara.
La posture permet maintenant de comprendre comment ce centre peut devenir concret.
Lorsque nous sommes assis, le bassin constitue une base importante.
Si nous nous asseyons uniquement sur l’arrière du bassin, nous pouvons facilement nous affaisser.
Si nous cherchons au contraire à nous tenir extrêmement droits, nous pouvons créer une tension excessive.
Entre les deux existe un espace plus naturel.
Le bassin est posé.
La colonne peut s’élever.
Les épaules n’ont pas besoin de participer.
Le ventre peut respirer.
Le Hara peut être disponible.
Stable en bas, libre en haut.
Cette simple sensation peut transformer la qualité d’une pratique.
La colonne : droite ne signifie pas rigide
C’est probablement l’une des erreurs les plus fréquentes.
On nous dit :
« Tiens-toi droit. »
Alors nous redressons la colonne.
Nous tirons les épaules vers l’arrière.
Nous relevons le menton.
Nous contractons le dos.
Nous devenons « droits ».
Mais nous ne sommes pas nécessairement plus disponibles.
Une colonne vivante n’est pas une colonne rigide.
Imaginez plutôt qu’elle puisse s’allonger naturellement.
Le sommet du crâne s’élève légèrement.
Le bassin reste stable.
Les épaules descendent.
La nuque reste libre.
Il n’est pas nécessaire de fabriquer une posture parfaite.
Il s’agit plutôt de retirer les tensions inutiles.
Les épaules : le grand indicateur
Les épaules sont souvent les premières à révéler notre volonté de bien faire.
Nous voulons nous concentrer.
Nous voulons maintenir les bras.
Nous voulons atteindre la personne.
Et les épaules montent.
Parfois très légèrement.
Vous pouvez faire une expérience.
Posez les mains devant vous comme si vous alliez commencer une séance.
Observez vos épaules.
Puis inspirez tranquillement.
À l’expiration, laissez-les simplement descendre.
Ne les poussez pas vers le bas.
Laissez-les descendre.
Puis recommencez.
Vous découvrirez peut-être que vous portiez une tension dont vous n’aviez même pas conscience.
Les bras n’ont pas besoin de travailler
Lorsque les mains sont posées, il est tentant de penser que les bras doivent maintenir la position.
Mais si la posture est bien organisée, les bras peuvent devenir relativement passifs.
Le mouvement part du corps.
Le bras se place.
La main se pose.
Puis le poids peut être soutenu autrement que par une contraction permanente.
Cette idée est particulièrement importante lorsque la pratique dure longtemps.
Une bonne posture permet de pratiquer avec moins d’effort musculaire inutile.
Et cela rejoint directement notre article précédent :
le non-faire.
Faire moins avec les muscles.
Forcer moins.
Tenir moins.
Contrôler moins.
Les mains ne sont pas séparées du reste du corps
Nous avons tendance à isoler les mains.
Comme si elles étaient les seules parties importantes.
Mais une main est reliée à un bras.
Le bras à l’épaule.
L’épaule au thorax.
Le thorax au bassin.
Le bassin aux jambes.
Et les jambes aux pieds.
Cela paraît évident anatomiquement.
Pourtant, dans la pratique, nous pouvons l’oublier.
Lorsque la main est tendue, toute la chaîne peut se tendre.
Lorsque l’épaule se soulève, la respiration peut changer.
Lorsque le bassin est instable, le haut du corps compense.
La main n’est jamais seule.
Les pieds : un contact souvent oublié
Lorsque nous pratiquons debout, les pieds deviennent particulièrement importants.
Mais même assis, ils jouent un rôle.
Sentez simplement leur contact avec le sol.
Le talon.
La plante.
Les orteils.
Le poids.
Vous n’avez pas besoin de pousser dans le sol.
Vous n’avez pas besoin de contracter les jambes.
Vous pouvez simplement sentir que quelque chose vous soutient.
Cette sensation est très différente d’une posture où l’on « tient » son corps uniquement avec les muscles.
Les pieds rappellent quelque chose de très simple :
nous sommes en contact avec le sol.
Une posture qui respire
La respiration est probablement l’un des meilleurs tests d’une posture.
Si votre position empêche une respiration confortable, il y a peut-être quelque chose à ajuster.
Cela ne signifie pas qu’il faut chercher une respiration particulière.
Au contraire.
La question est simplement :
« Est-ce que je peux respirer naturellement dans cette position ? »
Si oui, très bien.
Si non, pourquoi ?
Le bassin est-il trop fermé ?
Les épaules sont-elles tendues ?
Le ventre est-il comprimé ?
La tête est-elle projetée vers l’avant ?
Il suffit parfois d’un petit ajustement.
La posture et l’attention
La posture ne concerne donc pas seulement le confort.
Elle influence également notre capacité à rester attentif.
Lorsque nous sommes inconfortables, une partie de notre attention se met à gérer cet inconfort.
Nous avons mal au dos.
Nous cherchons comment nous asseoir.
Nous pensons à nos épaules.
Nous changeons la position des mains.
Et notre présence devient plus difficile.
Une posture équilibrée permet de réduire cette distraction.
Nous pouvons alors consacrer davantage d’attention à la pratique.
Le corps devient un support de l’attention au lieu de devenir une source permanente de perturbation.
Le piège de la posture parfaite
Mais attention.
Après avoir lu tout cela, une nouvelle difficulté pourrait apparaître.
Nous pourrions commencer à chercher :
la posture parfaite.
Le bassin doit être exactement ici.
Les épaules exactement là.
La tête sous tel angle.
Les pieds dans telle position.
Et nous voilà repartis dans le contrôle.
Ce serait dommage.
Il n’existe pas une seule posture parfaite pour tous les corps.
Nous avons des morphologies différentes.
Des habitudes différentes.
Des limitations différentes.
Des niveaux de souplesse différents.
Une posture utile est une posture qui permet :
stabilité, respiration, confort raisonnable et présence.
Le reste est secondaire.
La posture comme écoute
Il peut être intéressant de ne plus considérer la posture comme quelque chose à « corriger ».
Mais comme quelque chose à écouter.
Pendant la pratique, posez-vous parfois ces questions :
Où est mon poids ?
Où est mon souffle ?
Mes épaules travaillent-elles inutilement ?
Mon visage est-il détendu ?
Mes mains sont-elles souples ?
Mes pieds sont-ils présents ?
Mon bassin est-il stable ?
Il ne s’agit pas de modifier immédiatement.
Commencez par observer.
Puis, si nécessaire, faites un petit ajustement.
C’est tout.
Quand le praticien commence à s’oublier
Il existe une étape intéressante dans la pratique.
Au début, nous sommes très conscients de notre posture.
Nous pensons à nos pieds.
À notre bassin.
À notre dos.
Puis, avec l’habitude, nous pouvons progressivement ne plus avoir besoin de penser à tout cela.
La posture devient plus naturelle.
C’est un peu comme apprendre à marcher.
On ne pense pas à chaque articulation.
Le corps connaît progressivement son chemin.
Cela permet alors à l’attention de se libérer.
La posture devient un support silencieux.
Elle est là.
Mais elle ne réclame plus notre attention.
Une posture vivante
Une bonne posture n’est donc pas une statue.
Elle peut bouger.
La respiration fait bouger le corps.
Le poids se déplace légèrement.
Les épaules peuvent se relâcher.
Les mains peuvent être repositionnées.
Le praticien peut changer d’appui.
La posture est vivante.
Et c’est justement cette capacité d’adaptation qui permet de rester présent.
Être stable ne signifie pas être immobile.
C’est peut-être une idée importante pour le praticien.
Une expérience : avant et après
Essayez cette expérience lors de votre prochaine pratique.
Première étape
Asseyez-vous comme vous le faites habituellement.
Commencez votre pratique pendant deux ou trois minutes.
Observez simplement votre état.
Deuxième étape
Arrêtez-vous.
Ne changez rien immédiatement.
Posez-vous cinq questions :
- Où sont mes pieds ?
- Où est mon bassin ?
- Comment respirent mes côtes ?
- Mes épaules sont-elles relâchées ?
- Ma nuque est-elle libre ?
Troisième étape
Faites seulement les ajustements nécessaires.
Pas davantage.
Puis reprenez la pratique.
Observez.
Vous pourriez constater que quelques centimètres de différence dans votre position changent beaucoup votre expérience.
Pas parce qu’il existe une posture magique.
Mais parce que le corps répond aux contraintes que nous lui imposons.
Le praticien debout
Lorsque la pratique se fait debout, quelques principes restent particulièrement utiles.
Les pieds sont suffisamment écartés pour offrir une base confortable.
Les genoux ne sont pas verrouillés.
Le bassin est disponible.
La colonne s’élève naturellement.
Les épaules sont relâchées.
Les bras peuvent bouger sans tension excessive.
Et surtout :
le poids peut se déplacer.
Ne cherchez pas à rester parfaitement immobile.
Sentez simplement vos appuis.
Le corps peut légèrement s’adapter.
Cette mobilité discrète permet souvent une meilleure endurance.
Le praticien assis
Assis, le principe est similaire.
Cherchez d’abord une base stable.
Les pieds peuvent être en contact avec le sol.
Le bassin est soutenu.
La colonne peut s’élever.
La tête reste libre.
Les épaules ne portent pas inutilement le poids des bras.
Et si la position devient inconfortable :
changez-la.
Il n’y a aucune vertu particulière à souffrir en silence pendant une pratique.
La capacité à s’adapter fait partie de la pratique.
La posture et la relation
Lorsque nous pratiquons avec quelqu’un, la posture devient également relationnelle.
Notre corps communique.
Une posture trop penchée peut donner une impression de tension.
Une posture trop rigide peut créer une distance.
Une posture effondrée peut donner une impression de fatigue ou de désengagement.
Une posture équilibrée peut simplement transmettre :
« Je suis là. »
Sans avoir besoin de parler.
Le corps devient alors une partie du cadre de confiance.
La posture comme pratique quotidienne
Il serait dommage de ne travailler la posture que pendant les séances de Reiki.
Essayez de l’observer dans votre vie quotidienne.
Devant votre ordinateur.
Dans votre voiture.
Lorsque vous marchez.
Lorsque vous cuisinez.
Lorsque vous téléphonez.
Lorsque vous attendez.
La question peut toujours être la même :
« Puis-je être ici avec moins de tension ? »
Cette question rejoint exactement notre travail sur le non-faire.
La pratique ne se limite plus à la séance.
Elle devient une manière différente d’habiter le quotidien.
Le lien avec le Hara
Nous pouvons maintenant réunir les deux articles.
Le Hara nous invite à retrouver notre centre.
La posture nous donne les conditions corporelles pour y revenir.
Si le bassin est instable, il est plus difficile de sentir son centre.
Si les épaules sont constamment tendues, la respiration peut être perturbée.
Si le corps est affaissé, l’attention peut devenir plus lourde.
Si le corps est rigidifié, la présence devient effort.
La posture n’est donc pas séparée du Hara.
Elle lui donne un terrain.
Et si la meilleure posture était celle qui permet d’oublier la posture ?
C’est peut-être la conclusion la plus intéressante.
Au début, nous devons apprendre.
Nous devons observer.
Nous devons ajuster.
Mais le but n’est pas de rester éternellement occupé à vérifier notre corps.
Le but est que le corps devienne suffisamment organisé pour que nous puissions ensuite l’oublier.
La posture devient silencieuse.
La respiration devient naturelle.
Les mains se posent.
Le mental se calme.
Et la pratique peut simplement se dérouler.
La meilleure posture n’est peut-être pas celle à laquelle nous pensons le plus.
C’est celle qui nous permet d’être présents sans avoir constamment besoin de la corriger.
La Note du Dojo
Nous avons commencé cette série avec une question :
Après l’initiation, que faire maintenant ?
Puis nous avons découvert que les mains ne sont peut-être qu’une partie de la pratique.
Nous avons appris à ne pas rechercher les sensations.
Nous avons exploré le non-faire.
Puis nous avons rencontré le Hara, le centre.
Aujourd’hui, nous revenons au corps.
Parce qu’il est impossible de parler de présence sans parler de la manière dont nous habitons notre corps.
La posture n’est pas une décoration.
Elle n’est pas une performance.
Elle n’est pas une position parfaite à reproduire.
Elle est simplement le dialogue permanent entre :
le sol,
le corps,
la respiration,
les mains,
et la présence.
Lorsque ce dialogue devient plus harmonieux, quelque chose se simplifie.
Nous avons moins besoin de tenir.
Moins besoin de contrôler.
Moins besoin de corriger.
Et nous retrouvons ce que nous explorions dans l’article précédent :
un corps stable, mais vivant.
Un centre présent, mais non rigide.
Une pratique engagée, mais sans effort inutile.
La pratique du jour
Aujourd’hui, avant votre pratique Reiki, prenez trois minutes.
Ne posez pas encore les mains.
Commencez par vos pieds.
Sentez le contact avec le sol.
Puis le bassin.
Puis le ventre.
Puis la colonne.
Puis les épaules.
Puis la nuque.
Puis le visage.
Ne cherchez pas à corriger.
Observez.
Ensuite, posez-vous cette seule question :
« Où est-ce que je fais un effort dont je n’ai pas besoin ? »
Relâchez uniquement ce qui peut l’être.
Puis faites Gassho.
Respirez.
Et commencez votre pratique.
Pendant la séance, ne cherchez pas à maintenir une posture parfaite.
Laissez votre corps respirer.
Laissez votre poids bouger légèrement.
Ajustez-vous lorsque cela devient nécessaire.
Et souvenez-vous :
La stabilité n’est pas la rigidité.
La présence n’est pas la tension.
La posture n’est pas une performance.
Elle est simplement la manière dont votre corps vous permet d’être là.
Aujourd’hui seulement.
Kyo dake wa.
