Après l’initiation : que faire maintenant ?
Il y a un moment particulier dans la pratique du Reiki.
Celui qui vient juste après l’initiation.
Pendant quelques heures, quelques jours, parfois quelques semaines, quelque chose semble avoir changé. On a reçu l’enseignement, découvert les pratiques, posé les mains, peut-être participé à une initiation.
Et puis vient la question :
« Maintenant… qu’est-ce que je fais ? »
C’est une question que l’on entend souvent.
Et pourtant, la réponse est probablement beaucoup plus simple que ce que l’on imagine.
Pratiquer.
Pas chercher à devenir meilleur.
Pas chercher immédiatement à ressentir davantage.
Pas chercher à « faire du Reiki » à tout prix.
Simplement pratiquer.
L’initiation n’est pas l’aboutissement
Dans beaucoup de traditions, nous avons tendance à considérer une formation comme l’acquisition d’un savoir.
On apprend quelque chose, on reçoit un certificat, puis on passe à l’étape suivante.
Le Reiki peut être abordé très différemment.
L’initiation ne devrait pas être considérée comme l’arrivée au bout d’un apprentissage.
Elle peut plutôt être comprise comme le commencement d’une pratique personnelle.
Le stage permet de découvrir une méthode.
Le praticien commence ensuite à découvrir ce que cette méthode devient lorsqu’elle entre réellement dans sa vie.
Et cette découverte ne peut pas être faite à la place du pratiquant.
Personne ne peut pratiquer pour vous.
Personne ne peut respirer pour vous.
Personne ne peut placer les mains à votre place.
L’enseignement donne une direction.
La pratique permet de parcourir le chemin.
Les premiers jours : ne cherchez pas à comprendre
Après une initiation, il peut être tentant de multiplier les lectures.
Chercher l’histoire du Reiki.
Comparer les écoles.
Regarder les différentes techniques.
Chercher ce que l’on devrait ressentir.
Se demander si l’on fait correctement.
Lire ce que d’autres praticiens racontent de leurs expériences.
Tout cela peut être intéressant.
Mais il existe un risque :
remplacer progressivement la pratique par la recherche d’informations sur la pratique.
C’est très facile.
On peut passer plusieurs heures à lire sur le Reiki sans avoir consacré dix minutes à poser tranquillement les mains sur soi.
Alors, dans les premiers temps, je conseillerais presque l’inverse.
Lisez moins.
Pratiquez davantage.
Prenez quelques minutes.
Asseyez-vous.
Respirez.
Faites Gassho.
Posez les mains.
Et observez.
Sans chercher à obtenir quelque chose.
Commencer par soi
Le premier terrain de pratique est probablement le plus évident :
Avant de vouloir pratiquer sur les autres, prenez le temps de découvrir ce que la pratique produit dans votre propre expérience.
Une séance d’auto-traitement peut devenir un rendez-vous simple avec soi-même.
Pas nécessairement une longue séance.
Il n’est pas indispensable de consacrer une heure chaque jour à votre pratique.
Dix minutes peuvent déjà constituer un rendez-vous précieux.
L’important est moins la durée que la régularité.
Quelques minutes chaque jour peuvent être beaucoup plus transformatrices qu’une longue pratique réalisée une fois par mois.
Une pratique très simple pour commencer
Vous pouvez commencer ainsi.
Asseyez-vous confortablement.
Le dos suffisamment droit pour que la respiration puisse être libre, sans chercher une posture parfaite.
Fermez les yeux.
Prenez quelques respirations tranquilles.
Puis placez les mains en Gassho.
Restez simplement là quelques instants.
Sentez le contact des paumes.
La température des mains.
La respiration.
Le poids du corps.
Les sons autour de vous.
Puis laissez les mains se poser naturellement sur vous.
Vous pouvez commencer par la tête, le visage, la poitrine, le ventre ou simplement choisir une position qui vous appelle.
Il n’est pas nécessaire de chercher une sensation particulière.
Il n’est pas nécessaire de se demander :
« Est-ce que ça fonctionne ? »
Posez simplement les mains.
Respirez.
Restez présent.
Puis, lorsque vous avez terminé, prenez quelques instants avant de vous relever.
C’est tout.
Et si je ne ressens rien ?
C’est probablement l’une des premières questions qui apparaît après une initiation.
Certaines personnes ressentent immédiatement de la chaleur.
D’autres des picotements.
Une sensation de lourdeur.
Des mouvements.
Une impression de calme.
D’autres encore ne ressentent pratiquement rien.
Et cela peut inquiéter.
« Est-ce que je pratique correctement ? »
Pas nécessairement.
Le Reiki n’est pas un examen de perception sensorielle.
Il n’existe pas de sensation obligatoire permettant de valider une pratique.
Chercher à ressentir peut même devenir un obstacle.
Parce que l’attention se déplace.
Au lieu d’être simplement présent, on commence à surveiller.
Est-ce chaud ?
Est-ce froid ?
Est-ce que ça circule ?
Est-ce que je ressens quelque chose ?
Est-ce différent d’hier ?
La pratique devient alors une recherche de sensations.
Or, peut-être que l’exercice consiste justement à observer sans chercher à obtenir.
Avec le temps, la perception peut devenir plus fine.
Ou pas.
Dans les deux cas, la pratique reste possible.
Ne cherchez pas immédiatement à pratiquer sur tout le monde
Après une initiation, il existe parfois un enthousiasme très légitime.
On veut essayer.
Sur son conjoint.
Sur ses enfants.
Sur ses amis.
Sur les collègues.
Sur le chat.
Et pourquoi pas ?
La pratique avec d’autres personnes peut être une expérience très riche.
Mais il peut être intéressant de ne pas brûler les étapes.
Avant de vouloir devenir « praticien Reiki », prenez le temps de devenir pratiquant.
Découvrez votre propre manière de pratiquer.
Apprenez à rester présent.
Observez vos attentes.
Observez votre besoin de réussir.
Observez votre envie d’interpréter.
Observez ce qui se passe lorsque vous ne savez pas.
Cette expérience personnelle constitue une base beaucoup plus solide pour accompagner quelqu’un d’autre.
La régularité avant la performance
Une pratique n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être profonde.
Il est parfois préférable de pratiquer dix minutes tous les jours plutôt que deux heures une fois de temps en temps.
Vous pouvez choisir un moment simple.
Le matin après le réveil.
Le soir avant de dormir.
Après votre méditation.
Avant de commencer votre journée.
Ou simplement lorsque vous sentez que vous avez besoin de vous arrêter.
Ce rendez-vous n’a pas besoin d’être compliqué.
Même endroit. Même geste. Quelques minutes.
Peu à peu, la pratique s’inscrit dans la vie.
Et c’est probablement là qu’elle commence réellement à prendre son sens.
Ne cherchez pas à devenir « un bon praticien »
Cette idée mérite d’être regardée attentivement.
Après une initiation, nous pouvons rapidement nous demander :
« Est-ce que je suis bon ? »
Mais qu’est-ce qu’un « bon » praticien Reiki ?
Celui qui ressent beaucoup ?
Celui qui connaît toutes les techniques ?
Celui qui pratique depuis vingt ans ?
Celui qui obtient des résultats spectaculaires ?
Celui qui sait expliquer ce qui se passe ?
Peut-être que la question pourrait être différente.
Suis-je capable d’être présent ?
Puis-je rester suffisamment calme pour ne pas imposer mes attentes ?
Puis-je écouter ?
Puis-je respecter la personne que j’accompagne ?
Puis-je accepter de ne pas savoir ?
Puis-je pratiquer sans chercher à contrôler ce qui doit arriver ?
Ces questions me semblent beaucoup plus intéressantes.
Laissez la pratique vous enseigner
Il y a ce que l’on apprend pendant un stage.
Et puis il y a ce que l’on découvre en pratiquant.
Ce deuxième apprentissage est beaucoup plus lent.
Il demande de la répétition.
Il demande de l’observation.
Il demande parfois de traverser le doute.
Vous allez peut-être connaître des périodes où votre pratique sera très régulière.
Puis d’autres où elle le sera moins.
Vous aurez peut-être l’impression de progresser.
Puis de revenir en arrière.
Vous ressentirez parfois beaucoup.
Puis presque rien.
Vous vous poserez des questions.
C’est normal.
Il n’est pas nécessaire de transformer chacune de ces expériences en problème à résoudre.
Continuez simplement à pratiquer.
Tenir un petit carnet
Une chose peut être particulièrement intéressante après une initiation : écrire.
Pas pour analyser chaque séance.
Pas pour chercher des signes partout.
Simplement pour garder une trace.
Après votre pratique, notez éventuellement :
- la durée ;
- votre état avant la pratique ;
- ce que vous avez observé ;
- vos sensations éventuelles ;
- votre état après ;
- une phrase ou une question qui vous vient.
Après quelques semaines, relisez.
Vous découvrirez peut-être des évolutions que vous n’aviez pas remarquées au quotidien.
Et surtout, vous commencerez à mieux connaître votre propre pratique.
Et maintenant ?
Alors, que faire après l’initiation ?
Peut-être rien de plus extraordinaire que ceci :
pratiquer.
Revenir régulièrement à Gassho.
Respirer.
Poser les mains.
Observer.
Prendre soin de soi.
Relire les Gokai.
Expérimenter.
Douter parfois.
Recommencer.
L’initiation vous a peut-être ouvert une porte.
Mais une porte ouverte n’est pas encore un chemin parcouru.
Le chemin commence lorsque vous faites les premiers pas.
Et ces premiers pas n’ont pas besoin d’être grands.
Ils ont seulement besoin d’être réels.
La pratique du jour
Aujourd’hui, prenez simplement 10 minutes.
Pas de musique.
Pas de téléphone.
Pas de recherche d’information.
Asseyez-vous.
Faites Gassho.
Respirez tranquillement.
Puis posez les mains.
Ne cherchez aucune sensation particulière.
Pendant ces dix minutes, votre seul objectif sera celui-ci :
être là.
À la fin, demandez-vous simplement :
Qu’est-ce que j’ai observé lorsque j’ai cessé de chercher à obtenir quelque chose ?
Ne cherchez pas forcément une réponse.
Gardez simplement la question avec vous.
Une initiation est un commencement
Le Reiki n’est pas seulement quelque chose que l’on reçoit.
C’est quelque chose que l’on pratique.
Et, avec le temps, quelque chose que l’on intègre.
Puis peut-être quelque chose que l’on transmet.
Mais chaque étape commence par la même chose :
s’asseoir, respirer, poser les mains et pratiquer.
Aujourd’hui.
Pas demain.
Pas lorsque vous serez meilleur.
Pas lorsque vous aurez davantage de connaissances.
Aujourd’hui seulement.
Kyo dake wa.
C’est peut-être finalement la première chose à faire après une initiation.
Commencer.
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